Illustration de couverture du récit La langue mystère. Devant une école, une jeune fille portant un hijab rose semble inquiète et confuse. À l'arrière-plan, deux silhouettes discutent avec une bulle contenant « Bla-bla », tandis que le titre apparaît en blanc dans le ciel.

La langue mystère

Sarah vient d’arriver au Canada et ne connaît ni le français ni l’anglais. Le premier jour d’école, tout le monde parle une langue indéchiffrable. Sera-t-il possible pour elle de comprendre — ou même d’apprendre?

Un jour d’août, Sarah et sa famille de trois sont arrivées du Liban au Canada. Ils sont venus à cause de la guerre, dans le pays voisin. La Syrie et le Liban sont de petits pays, ce qui fait que les attaques ont une grande probabilité d’atteindre le Liban. Sarah est une fille timide, gentille et vraiment respectueuse. Elle ne parle que l’arabe et porte le hijab. Pour elle, c’était un grand problème de venir au Canada parce que les langues officielles sont l’anglais et le français. Le quartier où ils se sont installés est une région où la plupart des gens parlent l’arabe. C’est pour ça que Sarah croit que ses parents l’ont inscrite dans une école arabe. Elle se sent un peu rassurée. Pourtant, ses parents l’ont inscrite dans une école de langue française, mais cela, elle ne le sait pas.

Pendant qu’elle est en train de déballer ses affaires des grandes boîtes, ses parents sont sur le point de lui annoncer que sa future école est en français. Le jour suivant, Sarah se lève à 6 heures du matin, elle va s’habiller, ensuite elle descend pour aller manger le déjeuner délicieux que sa mère avait préparé.

Sarah a mangé du za’atar, de la pâte maison avec de l’origan du Moyen-Orient dessus. C’est fait d’un mélange d’épices composé de graines de sésame, d’origan, de marjolaine et de thym. Elle met son dîner et sa collation dans sa boîte à dîner, puis elle va attendre l’autobus.

Le moment où elle est entrée dans l’autobus, elle a réalisé que tous les élèves parlaient une langue étrangère. Puis, Sarah s’est dit qu’ils parlaient dans une langue secrète parce qu’ils ne voulaient pas qu’elle les comprenne, comme elle le faisait avec sa meilleure amie, Yasmine, au Liban. Elle s’est assise toute seule sur un banc. Le sentiment de solitude l’envahissait. Elle était triste, mais elle pensait que c’était juste le premier jour, alors c’est normal.

Quelques minutes plus tard, elle est sortie de l’autobus et elle a vu que le nom de l’école n’était pas en arabe, mais dans une langue indéchiffrable. Sarah s’est inquiétée. Elle est entrée dans sa salle de classe, puis tous les élèves parlaient une langue mystérieuse. Elle ne comprenait rien du tout. Elle ne savait pas quelle langue c’était, français ou anglais?

Son enseignante lui a demandé quelque chose parce qu’elle disait « Sarah… »; l’enseignante prenait les présences. Sarah ne savait pas quoi répondre. À la fin, elle a répondu par un « oui » (نعم en arabe). Toute la classe la regardait comme si elle avait dit quelque chose de mauvais. Elle avait tellement honte qu’elle s’est précipitée aux toilettes à toute vitesse.

L’enseignante avait demandé à une fille d’aller la chercher. Amy était une fille très gentille et douce avec tout le monde. Elle a demandé à Sarah ce qu’elle avait dit. أنا أتكلم باللغة العربية فقط (« Je parle juste en arabe ») a-t-elle répondu. Le seul mot qu’Amy a compris, c’est le mot « arabe ». Donc, elle a pris son téléphone et elle a ouvert l’application Google Traduction. C’est alors que Sarah a eu l’idée de demander à Amy s’il y avait une personne qui parlait en arabe. Amy a lu la traduction, puis elle a répondu : « Je ne connais personne qui sait l’arabe, mais tu peux demander à la directrice ou à l’enseignante. »

Amy et Sarah sont revenues dans la salle de classe, et Amy a expliqué à l’enseignante la situation. Heureusement, elle a compris. Puis, elle a expliqué à toute la classe que Sarah parle, écrit et lit juste en arabe. Tout le monde était intéressé, mais personne ne connaissait l’arabe.

À la fin de la journée, Sarah a demandé à ses parents s’ils savaient qu’elle était dans une école de langue française. Ses parents ont alors avoué qu’ils le savaient. Sarah était déçue et fâchée que ses parents ne le lui aient pas mentionné. Ensuite, elle a raconté sa journée d’école, qu’elle n’avait rien compris, sauf les mathématiques. Elle n’a mangé avec personne et, pendant la récréation, elle s’est sentie seule.

Après, elle a essayé de convaincre ses parents de changer d’école et d’aller à une école arabe. Malheureusement, ses parents ont dit qu’elle devait apprendre le français parce qu’elle vit maintenant au Canada. Sarah a fini de souper, elle a fait la vaisselle, puis elle est montée dans sa chambre. Elle se demandait comment elle apprendrait le français quand personne ne connaissait l’arabe. Elle ne pouvait pas juste utiliser Google Traduction pour parler toute sa vie.

Quelque temps plus tard, elle a eu l’idée d’aller à la bibliothèque pendant la récréation pour prendre un dictionnaire français-arabe. Le jour suivant, Amy s’est assise avec Sarah dans l’autobus. Ensuite, Amy a ouvert Google Traduction pour se parler. Quand elles sont arrivées à l’école, Sarah a demandé à l’enseignante : هل يمكنني الذهاب إلى المكتبة أثناء الاستراحة؟ (« Est-ce que je peux aller à la bibliothèque pendant la récré? »). L’enseignante a fait signe de « je ne sais pas ». Sarah a alors pris son téléphone pour traduire ce qu’elle venait de dire. L’enseignante a compris, puis elle a répondu « oui ». Sarah était heureuse que, finalement, une de ses idées allait peut-être fonctionner.

Pendant la récréation, Sarah est allée à la bibliothèque. Elle a trouvé le livre et elle a commencé à le lire tous les jours. Elle a même créé un tableau dans son cahier de notes. Elle a appris en premier les mots qu’on utilise chaque jour : bonjour, présente, je m’appelle, oui, non, etc. Plus elle en apprenait, plus elle devenait meilleure. Ses parents ont même acheté le livre pour elle. Elle était très fière d’elle.

Le premier jour de décembre, l’enseignante a annoncé qu’une nouvelle élève arriverait le lendemain. Sarah était excitée d’apprendre qu’il y aurait une nouvelle dans sa classe. La journée suivante, la nouvelle étudiante s’est présentée : « Bonjour! Je m’appelle Amira et je viens du Liban. J’ai appris le français ici, mais l’arabe au Liban. Je suis arrivée au Canada il y a un an. » Puis, elle s’est assise à côté de Sarah.

« Bonjour » a dit Sarah. Puis, elle a décidé de se présenter à Amira pendant la récréation. Durant la pause, Sarah est allée voir Amira. Sarah a alors commencé à se présenter : مرحبا! كيف حالك؟ اسمي سارة وأنا أيضًا من اللبنان. بدأت تعلم اللغة الفرنسية هنا مع قاموس فرنسي-عربي (« Bonjour! Comment ça va? Je m'appelle Sarah et je viens aussi du Liban. J’ai commencé à apprendre le français ici avec un dictionnaire français-arabe. »). Amira répondit avec joie : أهلًا! كل شيء بخير، وأنت؟ يسعدني أن أقابلك. هل ترغب أن نكون أصدقاء؟ (« Allô! Tout va bien, et toi? Je suis enchantée de te rencontrer. Souhaites-tu devenir mon amie? »).

« Avec plaisir » a répondu Sarah avec fierté. Dans la salle de classe, Amira a proposé à l’enseignante de traduire à Sarah tout ce qu’elle explique pour qu’elle comprenne. L’enseignante a accepté.

Chaque jour, Sarah est heureuse de se rendre à l’école, car Amira, sa meilleure amie, traduit ce que l’enseignante explique pour qu’elle comprenne. Elle avait pas mal de bonnes notes dans son bulletin scolaire. C’était sa meilleure année scolaire. Sarah n’a pas regretté de ne pas changer d’école ni de déménager du Liban au Québec.

Fin

À propos de l’autrice

Basmah était en 6e année à l’école élémentaire publique Mamawi lorsqu’elle a rédigé ce récit.

Quatrième de couverture

« Tous les élèves parlaient une langue mystérieuse. Elle ne comprenait rien du tout. »

Sarah arrive au Canada en plein mois d’août. Le jour de la rentrée, dans l’autobus puis dans la salle de classe, tout le monde parle une langue qu’elle ne comprend pas : ni l’arabe de Yasmine, son amie restée au Liban, ni celle qu’elle croyait retrouver dans son nouveau quartier. Entre la honte, Google Traduction, un dictionnaire emprunté à la bibliothèque et une rencontre inattendue, Sarah va apprendre, mot après mot, à apprivoiser cette langue mystère.

Basmah Al-Ashwal était en 6e année à l’École élémentaire publique Mamawi lorsqu’elle a écrit La langue mystère, son premier récit publié dans le webzine.

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